lundi 21 décembre 2009

Les randonneurs

Arrrrgggghhh
L’angoisse de la page blanche!!!

Euh, navré pour ce silence de quelques semaines, mais j’ai eu toutes les peines du monde à trouver le biais pour raconter la venue de Camille et Julie.
Difficile de partir dans mes délires scribouillards habituels quand deux de mes lectrices ont été les témoins de ce que je m’apprête à écrire…
Mais j’ai trouvé la solution, elle était là, évidente: vous racontez l’exacte vérité des faits. Pas ma vérité, non la Vérité, la seule, l’unique, l’inattaquable.

Bon, je vous passerai sur l’arrivée des deux squatteuses : l’attente a l’aéroport, les yeux dans le vague cherchant au loin une tête connue, puis les sourcils qui se relèvent, les sourires qui inondent les visages, la course au ralenti et la musique dans le fond qui vient vous tirer les larmes…

En fait, la seule chose vraiment « George Clooneyienne » que j’ai fait ce samedi soir là, fut de me raser.
Et c’est sur des joues aussi roses et douces que des fesses de bébés que les filles ont pu déposer leurs bisous d’arrivée…
Ensuite, poliment, je leur ai proposé de les délester de leurs bagages, et en vraies femmes du 21eme siècle, elles répondirent en chœur qu’elles pouvaient gérer cela seules… Le Féminisme a du bon ! Imaginez le nombre et la densité des bagages que deux filles peuvent emmener avec elle dans le Grand Nord canadien !

Le Grand Nord canadien, c’est par cela, d’ailleurs, que je vais commencer à raconter nos aventures.

Puisque mes deux pensionnaires allaient être confinées en ville toute la semaine, nous avons profité des deux bouts de week-ends pour aller nous immerger dans la verdure québécoise.

Et si vous avez lu les articles précédents relatant mes exploits en la matière, vous pouvez imaginer dans quelle incertitude je me trouvais : Hors de question de passer pour un cave devant les filles... devant ma sœur, quelques mois auparavant, j’avais pu le gérer mais face à deux nanas à la pointe des méthodes les plus actuelles de communication électronique, ma réputation aurait pu en être complètement ravagée a l'échelle planétaire en deux clics de souris... et ca, je ne pouvais pas me le permettre !

C’est donc avec une « petite » pression sur les épaules que j’ai embarqué les filles dans la voiture le lendemain de leur arrivée, direction le Mont Tremblant, une station de ski doublée d’un parc immense ou nous étions sur de trouver toute la chlorophylle que nous cherchions.

Comment décrire le Mont Tremblant ? Imaginez une station de ski qui aurait été créée par Walt Disney avec des maisons aux toits rouge vif ou vert prairie, de la pelouse digne d’un green de golf, un vrai-faux clocher dont la peinture a juste eu le temps de sécher, et vous aurez une vision assez juste du Mont Tremblant.

Arrivés là-bas, toujours prêts à nous abandonner à la Nature, nous entamons une petite ballade au bord d’un lac, bavardant de choses et d’autres quand, tout a coup, nous croisons un panneau nous indiquant la marche à suivre si nous tombons nez a nez avec… un ours.

Oui vous avez bien lu… un ours.

La, deux écoles : la première, nous bravons le danger, et nous entrons sur le territoire de la Bête. Galvanisés par l’adrénaline qui coule à flot dans nos veines, chaque pas est un défi à l’espèce plantigrade au complet, un « même pas peur Winnie !! », un « Retourne chez ta mère, Bouba !!»…
Et la deuxième école… celle qui veut qu’une de mes copines devienne particulièrement hystérique a la simple vue d’un écureuil (non Julie, je ne dirais pas que c’est toi… oups !... ah, bah, d’un autre cote, j’ai dit que je racontais l’exacte vérité)…

Un écureuil, vous savez ? Ces petits trucs tout mignons et parfaitement inoffensifs…et bien ces petites peluches vivantes déclenchent chez Julie une terreur digne des plus grands thrillers… En d’autres termes la Miss peut regarder le cycle complet de SAW sans broncher et hurler a la moindre vue d’un petit écureuil qui s’approche… alors imaginez-nous face a un ours !!

Ayant tous les trois définitivement écarté l’idée de battre un ours a la course ou a l’escalade (Ah, Newton, ce que tu peux être cruel !!!), nous décidons de rebrousser le chemin, bizarrement confiant dans le fait que ledit ours sait lire le panneau et sait exactement que de l’autre cote du panneau, il ne doit pas essayer de nous bequeter.

Et nous nous mettons en chasse nous même pour dénicher notre repas a la station même du Mont Tremblant.
Là, la vérité nue et inattaquable m’oblige à vous parler de la deuxième partie de la journée : la dégustation des queues de castors et le drame qui s’en suivit.

Oui vous avez bien lu, nous avons gouté des queues de castors… Apres tout, nous sommes des aventuriers, non ?!?!?!
Et bien sachez que ce n’est pas mauvais du tout, c’est gras, sucré, bref régressif à souhait mais c’est bon !!!
Et là je sens bien que j’ai perdu la majorité de mes lecteurs qui sont en train d’avoir des nausées…
Je vous rassure tout de suite les queues de Castor ne sont pas des vraies queues de castor (yeurk…) Ce sont en fait des pâtisseries de type beignets en forme de ... non la si vous ne trouvez pas... enfin bon... en forme de "ce que vous savez" sur lesquelles on étale ce que l’on veut mais à condition tout de même que cela soit gras et sucre : du Nutella, du sirop d'érable, du beurre fondu etc. (euh la c’est moi qui commence à me sentir pas très bien).

Occupés à déguster nos queues de castor, nous marchions dans le centre de la station quand le drame est survenu
Un drame terrible qui restera dans les mémoires des gens présents ce jour la.
Tout s'est passe si vite... Nous n’avons rien pu faire…
Aujourd’hui encore je ne m’explique pas ce qui est arrivé…
Je ne savais pas que les filles pouvaient avoir des phobies aussi bizarres... car si l'une est terrorisée par les écureuils, je ne savais pas que l'autre était une psychopathe des mecs déguisés en rennes... (Pathologie aussi rare que violente, je vous prie de me croire).

En ce dimanche après-midi ensoleillé, dans cette station familiale du Mont Tremblant, une mascotte s'est approchée de nous... un brave gars déguisé en rennes, peut être un étudiant fauché, heureux de pouvoir arrondir ses fins de mois en se déguisant en peluche pour la joie des plus petits…
On ne peut même pas dire que le mec était discret. Au contraire, le type était visible de loin (et c’est normal, c’était son job, celui d’une mascotte).
Julie et moi l’ayant vu, nous avons choisi le classique cadrage-débordement du rugby… nous ne nous doutions pas que Camille allait carrément dézinguer le renne en peluche: Low kick, high Kick, Nesquick ! Tout s’est passé en un éclair ! A ce jour, le gars est encore persuadé d’avoir croisé la route de Chuck Norris !!!

Et la, il m’apparait important d’ouvrir une parenthèse. Si il y a une chance, même infime, que parmi les lecteurs de ce blog se trouve le prochain mec de Camille, je voudrais qu’il suive mon conseil « Ne jamais, je répète, ne jamais, te déguiser en mascotte pour séduire Camille !!!».

L’affrontement fut si bref et si violent que nous fumes obligés de nous éclipser aussitôt du Mont Tremblant, et c’est rouge de confusion et de colère (la confusion pour nous, la colère pour la mascoticide), que nous sommes repartis a Montréal aussi vite que ma voiture le permettait…

Encore aujourd’hui, les saisonniers du Mont Tremblant raconte la légende d’un jeune étudiant déguisé en renne qui a survécu a l’attaque d’un animal sauvage… les uns disent qu’il s’agissait d’un ours, les autres parlent d’un animal mythique que les Mohawk appellent Wakan Tanka, l’Esprit de la Nature Sauvage.

Effroyable…

(à suivre…)

dimanche 22 novembre 2009

Le carton

On va commencer une série d'articles directement liés à la venue de deux squatteuses...

Premier épisode: les préparatifs...
Des filles dans mon appart !!! Je vous laisse imaginer l'angoisse qui s'est emparé de moi !!!

Ayant décidé de mettre à disposition de mes squatteuses les deux pièces de mon appartement pouvant servir de chambre, je me devais tout de même de compléter la deuxième pièce d'un canapé-lit... c'est juste plus confortable si on veut dormir... (en voila une belle série d'enfonçage de portes ouvertes !)

Et où va-t-on quand on a besoin de meubles disponibles rapidement ???
Give me an I
Give me a K
Give me an E
Give me an A
I-K-E-A ... Oui bon là, de chez vous, ca donne rien, mais imaginez moi avec une jupette, des chaussettes montantes et deux pompons dans les mains, je peux vous dire que c’est assez spectaculaire…

Loin de moi l'idée de faire un monologue sur IKEA, d'autres l'ont fait ou le feront bien mieux que moi... mais, franchement... IKEA...

D'abord ce que j'aime chez les suédois:
J'aime flâner dans les rayons d’articles de cuisine et repartir avec un tas de trucs inutiles, j'aime les photos noir et blanc d’embarcadères délabrés qui ne mènent nulle part et j'aime faire du skate sur le chariot d’IKEA dans l'entrepôt.

Et maintenant... je passe en mode Schtroumpf grognon.
Êtes-vous déjà allé chez IKEA seul ? Vous allez me répondre que non et je vais mesurer l'étendue de la misère de ma pauvre vie de célibataire... Avez vous déjà essayé de mettre un carton de deux mètres sur un et qui fait 35 kg sur le chariot qui se barre tout seul au fur et a mesure que vous vous approchez dudit chariot ? Suis je le seul a me retrouver dans des positions improbables en train de bloquer les roues de ce maudit chariot avec les pieds pendant que j'essaie de manœuvrer ce qui ressemble a un abattant de pont levis (rapport au poids et a la maniabilité du carton) ?... Tout ca pour m'apercevoir quand j'ai fini que ce maudit code barre pointe vers sol et que la caissière ne pourra pas scanner le carton ???... et c'est reparti pour une nouvelle séance de manutention infernale...

Autre chose que je n’aime pas.
J'aime pas essayer de faire rentrer les cartons de IKEA dans le coffre de ma voiture et découvrir qu'une fois la banquette arrière baissée, le passage de la malle (la valise en québécois dans le texte) a l'intérieur de la voiture est une sorte de hublot juste assez large pour faire passer une paire de ski (j'exagère a peine) !!! Sans oublier le crochet saillant sur la banquette qui déchire avec soin le carton jusqu'a ce qu'il s'accroche a une pièce a l'intérieur, immobilisant le carton définitivement dans la voiture... ce qui serait sécuritaire si ledit carton ne dépassait pas d'un mètre a l'extérieur de la voiture...

Apres 1/2 litre de transpiration et une quantité de jurons incroyable, le carton est enfin dans la voiture... J’entame une petite danse de victoire.

Hélas, le sentiment s'estompe assez rapidement car si le maudit carton rentre effectivement dans la voiture, je me rends compte que je vais devoir conduire jusqu'a mon appart (45 minutes en comptant les bouchons) le nez écrasé sur le pare-brise, au maximum en seconde puisque de toute façon le carton bloque définitivement le passage de la moindre vitesse et le tout avec l'angle saillant du carton dans la nuque !!!

Arrivé au pied de chez moi (je ne sais pas encore comment), s'en vient la deuxième épreuve du IKEA Challenge : sortir le carton de la voiture et le monter sur les 3 étages qui séparent mon sous-sol de mon appartement.
Je demanderais aux lecteurs qui ont voyagé de me dire exactement comment sont gaulés les suédois...
Moi perso... avec mes p’tits bras je suis incapable de tenir un truc aussi lisse, aussi encombrant et aussi lourd qu'un carton IKEA de 2 mètres sur un, de 35 kilos a bout de bras.

Je me rapproche péniblement de la porte...manquant à tout moment d'être emporté par le poids de ma charge.
Qu'est ce que j'ai fait des clefs? Nouvelle bordée de juron. Je pose le carton (enfin, à vrai dire il se pose tout seul) et je fouille mes poches...
Une fois les clefs retrouvées, je rejoue les haltérophiles pour me rapprocher de la porte.
J'utilise la même technique que pour le chariot et me voila en train de caler la porte avec un de mes pieds pendant que, vacillant, j'arrive à passer la première porte....

Et me voila au pied de l'Himalaya... les escaliers.... jamais ceux ci n'ont été aussi raides, chaque marche est un défi a l'équilibre...
Progressant marche après marche, je me jure a chaque pas que la prochaine fois, je me ferai livrer... (Bizarrement cette idée ne s'est pas manifestée à la caisse chez IKEA)

Les cartons sont dans l'appart...
L'ultime épreuve peut commencer : le montage du canap'
Armé de deux outils ridicules (une tige a 6 pans et une petite clef a écrou de quelques centimètres), je vais devoir monter ce qui sera la pièce maitresse de la chambre d'ami...
Petit moment de doute...
Je déplie le plan, je regarde les pièces... et je me lance...
15 minutes plus tard, la structure est terminée.
Je m'approche de l'immense boudin qui contient le matelas et là je fais l'erreur...
J'ai toujours rêvé dans les avions que l'hôtesse tire malencontreusement sur les cordons du gilet de sauvetage... et bien, plus maintenant, je sais ce que ca fait...
A peine ai-je commence à couper le film plastique que tout cède et le matelas sous pression se déplie en 0,5 seconde... et me voila fossilisé dans mon couloir entre le mur et un matelas deux places.

Je me débats, me contorsionne, et j'arrive enfin à amener le matelas sur la structure...
Les filles arrivent demain, c'est assez pour aujourd'hui, je balance un regard méprisant a la housse et aux coussins encore emballés dans leur film plastique et je m'écroule sur mon lit...

lundi 2 novembre 2009

Scary Movie

- Excusez moi, Mme, je ne sais pas bien comment m'y prendre... c'est la première fois, vous savez...
- A votre âge ?
- Ben, vous savez ce qu'on dit, mieux vaut tard que jamais...
- Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de passer a l'acte ?
- Je pensais pouvoir m'en occuper seul.
- Et ?
- Je crois que je vais avoir besoin de votre aide.
- Je suis la pour ca. Allez, mettez vous a l'aise, allongez vous et surtout détendez vous.
- Je ne sais pas par ou commencer...
- Nous allons commencer par discuter, le reste viendra en temps et en heures.
- C'est embarrassant.
- Ca va bien se passer, dites moi d'abord pourquoi vous êtes venu me voir.
- Voir une psy vous voulez dire ? J'ai des hallucinations.
- Vous voyez des choses qui n'existent pas ?
- Oui, enfin, si c'est toujours le sens du mot hallucination...
- L'humour est un frein à la thérapie, vous savez ? Continuez...
- Vous savez détendre les gens, vous ! Voila quelques jours que je vois des gens étranges... des zombies remontant la rue Saint Denis, des vampires aux terrasses des cafés, des sorcières dans le métro, même un squelette fumant sa clope a l'arrêt d'autobus...
- Toutes vos hallucinations sont morbides?
- Non, j'ai vu un Super Mario et un catcheur masqué des années 70 au boulot...
- Si je puis me permettre, auriez vous remarqué que nous venons de fêter l'Halloween ? Il est de coutume de fêter ça au Québec.
- Halloween ??? La fête où les têtards frappent aux portes pour récupérer des bonbons ???
- Celle-là même, oui. Ici au Québec, cette fête est très populaire et surtout auprès des jeunes adultes...
- Je comprends mieux maintenant... voila pourquoi, il y a un jeune petit zombie avec la peau sur les os dans votre salle d'attente...
- Non ca c'est ma fille... elle est là dans le cadre de la journée "que font tes parents dans la vie ?", et a vrai dire je ne sais pas pourquoi elle est là, vu qu'elle ne me parle pas depuis des lustres et qu'elle a décidé de devenir anorexique tout ca pour casser les pieds a sa mère, en l'occurrence moi ! Et bien sur, son fainéant de père n'est jamais la quand on a besoin de lui ! Bravo la garde partagée !
- Moi qui pensais que les psys étaient des gens équilibrés... vous voulez qu'on en parle ?
- Que vous ai-je dit a propos de l'humour ? Bon, c'est assez pour une première séance... quand nous revoyons nous ?
- Une deuxième séance ? Ben à vrai dire, la prochaine fois que je verrais des trucs bizarres j'ai plutôt envie de jeter un œil sur un calendrier que de lâcher 150 dollars pour que quelqu'un le fasse à ma place... J'vous jure, si je vois un vieux pervers avec un gamin sur les genoux, je vérifierai que ce n’est pas le père Noel plutôt que d'analyser la potentialité d'un transfert libidineux... Mais je vous promets que des que je deviens complètement cintré, je viens vous voir... Sans rancune Doc?

mardi 13 octobre 2009

Beaucoup de bruit pour rien

Mardi 29 septembre, Montréal fêtait la première de la pièce "Beaucoup de bruit pour rien" de W. Shakespeare au Théâtre du Nouveau Monde avec en vedette une comédienne a priori archi-connue puisqu'elle fait de la téloche (je dis "a priori" sans mauvais esprit car je ne suis pas encore assez familier avec le star-système québécois).

Me donner l'occasion d'assister à une représentation de cette pièce est très risqué.
Tout d’abord parce que je suis un addict complet de cette pièce et un vrai fan du film qu'en a fait Kenneth Brannagh avec Emma Thompson, Denzel Washington, Robert Sean Leonard et Kate Beckinsale (avant sa transformation "tiens j'ai plus du tout le même visage et j'ai des seins maintenant", merci docteur !).

Et ensuite parce que j’ai été très (trop) bien habitué aux interprétations de la troupe que je suivais lorsque j’étais a Toulouse (la vraie claque fut pendant Richard III, « Mon royaume pour un cheval !!!», inoubliable… en plus je n’avais vu ni le I, ni le II… blague archi-connue). Pour ceux qui sont dans le coin, Moulin de Roques, troupe du Grenier.

Le soir venu, mon billet en main, je rentre dans le théâtre parmi les premiers. Le bâtiment est magnifique, la vibration du théâtre est là (le tract des comédiens, les émotions des pièces précédentes, l’incarnation des grands personnages théâtraux, tout cela résonne…).

Un dernier regard sur mon billet et je remonte les rangs.
Oh ?! Je m'aperçois qu'on m'a assigné aux places de célibataires... Qu'est ce qu'une place de célibataire au théâtre, me direz-vous ? Vous voyez le tout premier rang ? Ok, maintenant tournez la tête à gauche, vous allez voir une rangée de trois places… et bien vous y êtes. La place de célibataire est la place bouche-trou complètement à gauche, celle qui est en général dévolue au pauvre type qui se tape une pièce tout seul, au critique ou au tas de manteaux des tourtereaux qui, eux, occupent les deux autres places de la rangée gauche.

A peine installé, arrivent mes sémillantes voisines.... deux mamies maquillées comme deux carrés d'as et embaumant l'eau de Cologne a un mètre a la ronde!!!

A tout ceux qui n'auraient pas partagé mon intimité (et vous ne savez pas ce que vous perdez...), sachez que je suis facilement allergique aux parfums, disons, tenaces...
Je vous laisse imaginer... des que les molécules aromatiques des deux momies (euh «mamies ») se sont répandues dans mes narines que mes yeux se voilent, mon nez me démangent et qu’une irrésistible envie d’éternuer se met à me tarauder...

Or le théâtre, c'est pas le cinéma (tu parles d’un scoop !!)... je m’explique, quand vous éternuez sur Schwarzenegger, il vous en veut pas, il n'arrête pas le film pour éponger le demi litre de postillon dont vous l'avez enduit... ben, au théâtre, c'est différent...

Voila donc que je me contorsionne pour me soustraire aux effluves "odoriplantes" (pardonnez le néologisme) qui m'agressent, mais rien à faire, je suis dans la zone dangereuse, je peux exploser dans un nuage de salive d’un moment a l’autre… J'use de toutes mes techniques de tortues ninja pour m'empêcher de respirer, le tout avec le plus de naturel possible.

Regard en coin de la momie la plus proche… à me voir me dandiner sur mon siège, je sens qu’elle va bientôt me conseiller une pommade anti-hémorroïdes avec un clin d’œil complice!!!

Tout à coup la lumière de la salle baisse et le silence se fait dans la salle.
Tonnerre d'applaudissement, la fameuse comédienne passe au travers du rideau pour le préambule de la pièce.

Et la je me permets de faire une ellipse salvatrice (pour vous).

Comment décrire mon état après, disons, les 4 premières minutes de la pièce?
Messieurs, avez vous déjà croisé une jeune femme magnifique au bras d'un vrai tocard ?
Une femme dont l'intelligence et l'humour vous laisse complètement foudroyé, ravagé mais qui s'est entichée d'un type aussi épais que grossier, ignorant complet de sa chance d’avoir une merveille accrochée à son bras ?
Et bien c'est un peu mon état après avoir vu la pièce...

La belle = la pièce, le texte
Le balourd = le metteur en scène.

Je pense que le parti pris du neuneu qui a servi de metteur en scène a été d'essayer de faire jouer cette pièce par des notaires.
Impossible de déceler plus d'une intention dans chaque tirade!!
Trop complique.
Adieu la finesse, adieu le beau discours, adieu le badinage de Beatrice et Benedict.... le texte est servi au premier degré, sans passion, les comédiens ne se parlent même pas, ils se contentent de réciter leur texte face au public...
Même les effets comiques, réduits au premier degré, deviennent lourdingues... (Sans parler de l’acteur incarnant Benedict qui cabotine au lieu de jouer avec sa partenaire).
On nous sert un Shakespeare surgelé et décongelé au micro-onde... la structure est la, le texte est la mais le feu n'y est plus.... je n'ai même plus envie d'éternuer !!!

Le prochain qui me joue du Shakespeare comme on récite sa liste d'epicerie, je le brise... je prends son petit corps et je l'émiette, je le pulvérise, je l'écrase, je récupère les bouts, je les brule et je jette les cendres dans les toilettes... c'est compris ?!?!

Shakespeare c'est l'amour, la haine, la vengeance, la passion, la mort... rien à voir avec le devis de chauffagiste que j'ai eu ce soir la...

Le plus frustrant : a la sortie, nous sommes sollicités pour donner notre avis... je me précipite, (prétentieusement) convaincu que mon avis pourra éveiller le metteur en scène mais on m'explique mon avis ne peut être donné qu'au travers de cartons où sont dessinés des masques tristes ou heureux....
Aucun moyen d'expliquer les raisons de son mécontentement... il faut être « très content », « content », « satisfait », « peu satisfait », « déçu », « irrité » mais en aucun cas expliquer les raisons de ton état d’âme…

Je me résigne donc à garder ma frustration pour vous qui avez la patience de me lire...
merci à vous ! (salut de théâtre)

vendredi 9 octobre 2009

Sueurs froides (Vertigo)

Il y a quelques minutes, je m'amusais à retrouver ce blog sur Google.
Voilà que j'essaie differentes combinaisons de mots-clefs et là, sous mes yeux certes envoutant mais dans le cas qui nous occupe, completement ébahis, je tombe sur mon blog !.
Quelle magie l'informatique !!!

Soudain, mon regard s'obscurcit.
Mes yeux (toujours aussi profonds, message subliminal aux lectrices) se posent sur la ligne d'en dessous.

Un frisson s'installe au creux de ma colonne vertebrale (Brrrr, voir figure 1).

Il s'agit d'un lien vers un site dans lequel quelqu'un fait reference à mon blog.
Gloups ! (en fait j'ai bien peur qu'il s'agisse d'un des auteurs du livre en question!)

C'est la première fois que je suis confronté au fait que mon blog peut etre lu par des personnes ne faisant pas partie de mon entourage.

Impression d'un gamin pris sur le fait, en train de faire des blagues...
Donc, ben euh, a toutes les lecteurs que je ne connais pas, je doute que mes petites anecdotes et mon incontinence scribouillarde puissent vous captiver longtemps, mais dans tous les cas, vous etes les bienvenus sur ce blog !!!

La fureur de vaincre

Rien à voir avec la Fureur de vivre et le légendaire James Dean.
C’est juste le titre d'un film de Bruce Lee... et un moyen de parler de ma nouvelle tentative de pratique de Kung Fu (faut que je me trouve une blonde, moi !!!)
Une autre école, un autre style... proche de celui que j'avais fait en Allemagne, si ce n'est que là, je vais enfin comprendre ce qu'on me demande !!

Le réveil sonne, samedi matin, 8h, je m'extrais péniblement de mon tête à tête avec ma couette.
J'ai du mal à me souvenir de la raison pour laquelle je me suis réveillé aussi tôt...
Je plonge sous la douche, je lave les cheveux avec la pate a dent (le dentifrice), ca mousse bizarrement… bah, au moins mes cheveux auront l’haleine fraiche et puis je me dis qu’on ne se soucie jamais assez des caries de ses cheveux…

Une fois mes deux neurones reconnectés, je quitte mon appart pour remonter la rue Saint Denis.
Vous connaissez maintenant mon sens de l'orientation légendaire...
L'académie de Wing Chun est au 4510 de la rue Saint Denis, en fait pas très loin de chez mo... oh ?! On est qu'au 2000??? Et le cours commence dans… 15 minutes !!!
J'accélère le pas pour remonter les 1000 numéros qui me séparent de l'adresse (pourquoi 1000 ? j'vous laisse faire le calcul...)

14 minutes et 50 secondes plus tard, j'arrive la langue pendante au 4510 rue Saint Denis, en remarquant tout de même que le métro passe à moins de 100m de l’endroit ou je me trouve… (je suis un vrai boulet).

Je monte les deux étages. Il y a la, un vieux chinois qui a l’air d’avoir 150 piges et un québécois nettement plus jeune a ses cotés qui se met a traduire mon anglais dans l’anglais du vieux chinois (Hum, ca commence bien !!!).
Je leur explique que je voudrais bien regarder comment se passe le cours.
On me demande si j'ai déjà pratiqué des choses comme celle-ci, je leur dit que j'ai déjà fait un peu de Hsing-hi, de Pakua, un peu de Wing Tsun en Allemagne (une version teutonne du Wing Chun) et que je fais de l'aïkido depuis quelque temps déjà.
La réponse du vieux chinois fuse comme un éclair: "too many style"
Et Bam ! Prends ca dans ta face !!!
Comment ca trop de style différent??? Eh oh!! Il va pas me chauffer, Papy !!!! Il est 10h du mat, un samedi... je suis déjà super gentil d'avoir lâché ma couette pour venir cirer les pompes d'une momie qui a du assister a l'inauguration de la grande muraille !!!
Apres avoir ramassé mes dents, je m'assoie sur une chaise a roulette complètement bancale (dur pour les abdos ce truc... une ruse du vieux chinois ?) et je commence à regarder le début du cours.
La cinquantaine d'élèves enchaine plus de 45 minutes de préparation physique: flexions, pompes, abdos, course (si j'vous jure, c'est des fous !!!), saut, roulades (ah ca, je sais faire... la Nature m'ayant doté d'un physique plus apte a rouler qu'a courir).
Même l'élève qui anime la préparation transpire à grosses gouttes. Je n'ose même pas m'imaginer au milieu du groupe !!!

La suite du cours se passe entre l'étude des formes et leurs applications a deux, par groupe de niveaux... le style a l'air fluide... plutôt pas mal...

Le vieux chinois tout sec tourne auprès de chacun des groupes et corrige la, une position de main, la, de hanche, ici de jambes... Ca change de celui qui restait scotche a son écran d'ordinateur.
L'autre, le québécois est a priori le plus avance des élèves... il tourne également au travers des groupes de niveau, fait deux ou trois exercices en regardant du coin de l'œil si les spectateurs (dont je faisais partie) le regardent... un poil cabot, donc...
Il revient, essaie de me parler de la philo du club, se croit obliger de tenter un parallèle malheureux entre le Wing Chun, l'aïkido et tous les arts martiaux japonais... allant carrément à me parler de compétition... Un peu aux fraises le mec (il n'y a pas de compétitions en aïkido !!!!)... mais bon... son taff est de vendre son baril de Wing Chun contre mes deux barils d’Aïkido... Je reste zen...et je regarde ce que font les autres élèves...
Si on oublie ce mec, en fait, le club et ce que les élèves font sont assez intéressant ... et les jours de cours coïncident pas trop mal avec ceux de l'aïkido ... Je décide donc de prendre une cotisation pour 3 mois...

Ellipse…

Ca y’est j’ai débute !!!
Et a vrai dire je crois que je ai définitivement de la misère avec les momies chinoises toutes moisies (pas facile a dire, n’est ce pas ?).
Le lundi qui suit le fameux WE d'observation, un peu avant 18h, je me pointe a l’école (en métro, heheh) et là, je vois Papy tout seul a son bureau… pas d’interprète… Aie ! C’est pas gagné c't'histoire !!.
Je lui explique que je voudrais m’inscrire et il me tend un formulaire à remplir : nom, prénom, âge, adresse… rien de bien original… « Êtes vous inscrit dans une autre école d’arts martiaux », ben, j’écris oui, je fais de l’aïkido…

La grosse erreur !!!!

C’était la question fourbe du vieux chinois !!!! Le piège!!!
Il regarde mon formulaire et me dit dans son anglais qui égale à peu prés le mien :
- « pourquoi continuez-vous à faire de l’aïkido ? » (Sa face change, quand il dit ca).
- « Parce que ca fait 15 ans que j’en fais » (oui je sais ce n’est pas une raison, mais je sentais le vieux se tendre de plus en plus).
-« Alors il faut continuer. Mélanger les styles ce n’est pas bon pour vous ».
Bon alors la, je dois vous avouer qu'une petite envie de lui expliquer de s’occuper de ses pauvres vieilles fesses ridées et maigrichonnes m’est passée par la tête... mais je prends sur moi et je réponds.
- « Libre a vous de m’enseigner ou pas… Moi perso, je sais faire la part des choses. Alors ? Que fait-on ? Vous me rendez ma tune et on arrête la ? »
La momie se met a ronchonner puis plante son regard dans le mien.
- « Tu es le deuxième qui fait un autre art martial et que j’accepte. Une autre fois, je n’aurais pas accepte. Quand tu choisis un système c’est pour la vie. Tu ne dois pas faire d’aïkido ici ».

Encouragé par ces paroles de bienvenues chaleureuses et bien senties, je me change et le cours débute. Enfin, je devrais dire, le calvaire commence... car l'échauffement auquel j'avais assiste samedi n'était pas une farce... ils font ca a chaque fois...
Je lève les papattes, je plie les genoux, je remonte, je cours, je m'arrête, je fais des pompes, j'enchaine avec des abdos... je suis a deux doigts de demander a mon voisin de me rouler sur le cote quand l'échauffement s'arrête (enfin).

Je me retrouve avec deux autres débutants du jour comme moi.
Le cours commence et on apprend... à marcher !!! C'est fou cette fixation sur la marche !!! Et moi comme un benêt, je pensais savoir marcher depuis une bonne trentaine d’année !!!
On enchaine ensuite par l'apprentissage de la première forme... on s'installe devant un miroir... vision de moi en T-shirt et survet'...difficile de garder son sérieux...
Dans l'angle du miroir, je capte le vieux chinois tout sec qui matte ce que je fais de loin.
C’est si bon de se faire de nouveaux amis !!!

dimanche 27 septembre 2009

L’arme fatale 3

Pourquoi « l’arme fatale 3 » ? Parce qu’après mes fondants au chocolat (l’arme fatale 1) et mon gâteau au chocolat (l’arme fatale 2), me voila doté d’une nouvelle arme pour épater les filles !!!

Je vous présente :
Coque coco et ganache chocolat
Coque sésame noir et ganache chocolat blanc et matcha
Coque nature et framboise fraiche et zeste de citron.




Dernier cours de cuisines chez Ateliers et Saveurs vendredi soir: les macarons.

Le cours était anime par Patrick Delmas le chef pâtissier du restaurant « chez l’épicier » (a essayer prochainement) qui a quitte Rodez il y a 15 ans pour s’installer a Montréal. Un rugbyman d’une cinquantaine d’années avec une pointe d’accent de chez nous.