lundi 19 juillet 2010

Soleil Levant (suite)

Un de mes potes tchèques présent a Saku (comme chaque année) et que tous les lecteurs aïkidokas auront reconnus joue quelque fois les cascadeurs de cinéma.

Prague est une ville très prisée en matière de cinoche et il arrive que les boites de productions fassent appel a de la ressource locale pour jouer les stunt-men.
Or l'homme en question a un vrai physique de cinéma (cliquez sur « Aiki Ondra » a gauche), ancien hockeyeur, grand, large, le sourire qui dit "va te faire foutre", un vrai modèle !!!

Alors qu'il me montrait les photos de ses dernières participations (dont "Wanted" avec Angelina Jolie et Morgan Freeman), Endo Sensei intrigué lui a pose la question:

"What is your job in the movies?"
"Well... usually, I die" (grimace a la Robert de Niro)

J'en ris encore...

mercredi 14 juillet 2010

Soleil Levant (suite)

Je ne vais pas forcement détailler chaque jour de mon séjour à Saku.
Je ne perds pas de vue qu'une grande majorité de lecteur de ce blog n'a qu'un rapport très lointain avec le milieu de l'aïkido et vous raconter dans le détail comment, chaque jour, j'ai essayé de dérouiller des japonais vous porterait à croire que je ne peux pas les supporter. Et s’il n'y avait que des japonais !! En fait j'ai essayé de maraver tout ce qui bougeait là-bas...
L'ennui dans l'histoire c'est que mes victimes faisaient elles-aussi de l'aïkido et étaient venues à Saku pour les mêmes raisons que moi ! A tel point qu’il m'est arrivé quelquefois de douter de Newton et de sa gravité tellement je volais au dessus des tatamis (vols de courte durée, se finissant toujours par un atterrissage pour le moins calamiteux, dans le genre "Eh ? Je vole !!! Ah ben non en fait, ouch ca va faire mal..." et bam !!!).

Mais Saku c'est surtout un concentré de plein de choses.
La veille du séminaire par exemple, c'est un peu comme un jour de rentrée des classes mis a part que cette fois-ci je connais déjà le prof et que je suis mieux classé en sport !!! (Héhéhé, revanche). On y retrouve des amis venus de loin (parisiens, bordelais, tchèques, allemand) et des nouvelle têtes (dont certaines parisiennes, bordelaises, tchèques et allemandes !).

Saku c'est aussi un lieu de défi !
Oui, chers lecteurs (ben oui dès que vous êtes plus de deux, je peux utiliser le pluriel et faire croire que vous êtes des centaines, trop la classe !), non seulement c'est un défi de fumer la gueule à des japonais qui sont là pour la même chose que vous, mais vous n'imaginerez pas quels autres défis, il faut relever...

Allez, je vous dévoile un peu mes victoires ordinaires :

Faire du vélo.
Celui qui a dit que le vélo ne s'oubliait jamais n'est qu'un imbécile.
Faire du vélo, ca s'oublie !
Mes fesses par exemples avaient très bien oublié ce qu'était de faire du vélo !!
Ma capacité à me repérer dans l'espace aussi...
Pensez donc, c’est a Saku que j'ai réalisé que j'étais plus doué pour le kilométré lancé que pour le slalom... car, en fait, j'arrive a peu près a faire du vélo... mais uniquement en ligne droite !
Ca limite un peu les déplacements, je vous prie de le croire.
Or tous les déplacements a Saku se font à vélo !!
Ayez une petite pensée pour mes fesses s’il vous plait, oui je sais, dit comme ça, c'est un peu bizarre, mais ca me fera du bien.

Faire des discours.
Ca c'est récurent au Japon.
On doit toujours faire des discours.
Ce n'est pas tant ce qui est dit qui est important mais plus le fait de s'exprimer devant tout le monde (et là je passe pour un anthropologue ultra-sérieux, quel escroc !).
L'exemple par excellence est la visite au maire de Saku.
Tous les ans, Endo Sensei notre hôte, nous emmène tous à vélo pour être présenté au maire de la ville.
Maintenant que vous connaissez mes aptitudes à bicyclettes, je vous laisse imaginer l'aventure que cela à été pour moi de suivre le convoi de l'extrême...
Arrivé (on ne sait encore comment) à la mairie, dans la salle de conférence, nous écoutons religieusement le maire nous présenter sa ville (notez que je n'ai pas dit attentivement mais « religieusement » parce que comme à la messe, on y vient avec beaucoup de bonne volonté mais à partir d'un moment on décroche).
Puis tout a coup nous sommes appelés tour a tour pour prononcer quelques mots. A priori, cette année un représentant de chaque pays doit se plier a l'exercice (et la je comprends pourquoi la quasi totalité de mes amis français se sont évaporés). Commencent alors de difficiles négociations avec Bernard (autre seul représentant de la mere-patrie) lorsque la voix d’Endo Sensei traverse la salle
"Philippe-san, Canada !!"
Ouch !
C’est l’inconvénient d'avoir invité Endo Sensei chez moi a Montréal quelques semaines avant. Il se souvenait de moi...
Me voila donc devant le maire, le micro a la main en train de bredouiller 2 ou 3 pauvres phrases dans un anglais boiteux, brouillons de phrases qui sont immédiatement traduites en japonais a l'attention de Endo Sensei et du maire.
Je dois aujourd'hui saluer le talent de la traductrice car à ma grande surprise, l'effet a été plutôt positif (magie de la traduction !!!).

Préparer les repas:
A Saku, les petits-déjeuners et les diners se prennent dans le dojo. Les stagiaires (de tous horizons) se repartissent les taches en fonction de leurs disponibilités et de leurs aptitudes. Tout cela dans une sorte de discipline naturelle et librement consentie.
Etant un des premiers debout (maudit décalage horaire), je me suis retrouvé plus d'une fois dans la cuisine a 7h du mat’, l'œil hirsute et le cheveu hagard (ou le contraire).
Ainsi j'ai rapidement proposé mon aide pour préparer le petit déjeuner.
Méfiance du groupe de jeune japonais...
Premier jour, on me confie des pommes de terre à couper en dés.
Ok, c'est un début…
La ceinture blanche de la préparation culinaire en quelque sorte.
Peut être que les japonais se disent que, déjà, si je pense à peler la patate avant de la découper, ca sera gagné...
Devant ma maitrise (non s’il vous plait, pas de félicitations ! je viens juste de couper des patates, faut pas délirer), je passe au niveau 2 dès le lendemain : la découpe de l'omelette en losange.
Pourquoi pas en carré me direz-vous ?
Parce que, bande de barbares, vous saurez que les carrés dans une assiette, c'est moche et que les angles aigus du losange rendent ca plus harmonieux (esthétique japonaise).
Ok...je découpe donc les deux omelettes géantes en losanges... sous les regards discrets Les attentes sont élevées car ce je vais rester sur la découpe de l'omelette pendant quelques jours jusqu'a l'apothéose !!!
La ceinture noire de la préparation du petit dej`: la découpe du concombre.
A vrai dire quand on m'a posé la question "Sais tu découper un concombre?" j'aurais du me méfier car la réponse n'était pas celle que j'ai donné :
"Ben euh ouais, tu prends un concombre, un couteau et tu coupes...".
Le visage blasé de la japonaise m'a tout de suite fait comprendre que je m'étais gouré...
Petit cours de découpe du concombre à la mode de Saku (Bernard, nouveau lecteur de ce blog, sait de quoi je parle):
Prenez un concombre, coupez-en une extrémité.
Retournez le légume et coupez l'autre extrémité, mais en faisant une plus grosse découpe.
Ramassez le bout que vous venez de couper et frottez l'endroit de la coupe de façon circulaire jusqu'a ce qu'une mousse blanche se forme (j'avais pas réalisé a quel point ca pouvait être pornographique).
Une fois que la mousse blanche est apparue, découpez le pourtour du concombre en biseau pour éliminer la mousse blanche (là, on est tous d’accord, s'arrête le cote porno du truc...).
Puis il convient de "raser" le concombre.
Oui "raser", pas peler mais éliminer avec le fil du couteau toute les petites excroissances sur le corps du légume...
Une fois que cela est fait, vous pouvez commencer à couper le concombre en rondelles, biseautées de préférence et avec un rythme rapide sinon le regard de votre camarade japonaise vous fera comprendre que tout le monde vous attend.
Seulement deux étrangers sont arrivés jusque la !!!
Uniquement deux !!
Français de surcroit !!!
Bernard et moi sommes fier d'avoir ce jour la passé avec honneur le niveau de la découpe du concombre...
Peut être allons nous faire une confrérie secrète, comme les rose-croix mis a part que notre emblème sera un concombre et un couteau japonais !!!

Vous comprendrez qu'après Saku, je ne suis plus le même homme.
Mon regard ne quitte plus l'horizon.
Je vois des choses que personne ne voit, je fais des choses que personne ne fait (parlez-en a vos copines célibataires.... oh ca va ! c'est une petite blague...).


Certes je ne casse pas encore de brique avec mes fesses (private joke pour Mascotte Psycho et Squirel Killer) mais donnez moi un concombre, et je vous fais des merveilles (hum, cette phrase, là aussi, sortie de son contexte, pourrait me valoir pas mal de messages privés...).

jeudi 8 juillet 2010

Soleil Levant (suite)

Ne vous impatientez plus, public en délire, voila la suite de mes aventures japonaises !!!
Quand je pense que vous m'avez même accompagné dans la salle de bain !!!
D'ailleurs à ce propos, le trouble dans vos yeux plein d'envie en m'imaginant complètement nu me gène un peu, je vous l'avoue...
Je crois que je ne m'habituerai jamais d'être un sex symbol (soupir)…

Je passe sur mon premier repas achète au "dépanneur" du coin de la rue: Onigiri (boule de riz fourré a ... je ne sais pas trop, comme je ne sais pas lire l'étiquette c'est toujours un peu la surprise) et gâteau à la prune le tout arrose par un Fanta local (ce repas ne sera pas place sous le signe de la gastronomie, c'est sur).

Premier lève de soleil sur les buildings de Tokyo...
C'est boooooo mais surtout putain que c'est tôt.
Décalage horaire oblige, je suis debout a 5 heure du mat'

Mais je ne suis pas contrarié car aujourd'hui je joue les fashion victims !!!
Pretty Woman version testostérone !!
Aujourd'hui je me rends chez Sakuraya.
Qu'est ce que c'est Sakuraya?
Et bien Sakuraya est un tout petit magasin spécialisé dans le Kendo, le Iaido et l'Aïkido.
Pour faire simple, c'est un magasin ou je vais acheter un nouvel hakama... pour faire encore plus simple, ma jupe (je ne voulais pas aller jusque la, mais...)
Ben oui, l'aïkido a ceci de particulier que plus vous progressez, plus vous gagnez en confiance, plus vous avez des épreuves que votre amour-propre doit surmonter.
Et c'est pourquoi une fois que vous commencez à vous sentir à l'aise et a faire le kakou, on vous oblige à porter une jupe...
L'effet pervers est qu'a ce moment la on ressent même de la fierté à en porter une...

Me voila donc dans le magasin.
Les murs du magasin sont recouverts de sabres en bois (le pratiquant d'art martiaux aussi paradoxal que cela puisse être est très maladroit), d'armures (au cas ou votre partenaire est très, mais alors très maladroit) ou de réplique de sabres pour le Iaido.
Pour un peu je m'attendrais a voir surgir Uma Thurman dans Kill Bill ou même un vrai ninja... bien que si je voyais un ninja ce ne serait pas le plus doué des ninjas, n'est il pas ?

La scène est typiquement japonaise.
Un vieux japonais (si vieux qu'il à l'air d'avoir assisté lui-même a la création des arts martiaux) et un jeune gamin de 15 ans me saluent respectueusement.
Apres les formules de politesse en japonais, j'explique (en anglais) que j'ai acheté un hakama ici il y a 5 ans et que je voudrais en acheter un autre tellement celle-ci sont de bonnes qualités (oui, vous ne rêvez pas je suis en train de discuter sur la qualité d'une jupe, a ce moment la, j'ai bien cru perdre définitivement mes testicules !!).

En même temps que je montre mon ancien hakama (celui que j'avais acheté il y a 5 ans) au vieux japonais en face de moi, je vois le novice se précipiter dans l'arrière boutique pour en ressortir quelques minutes plus tard avec un carnet a spirale ouvert a la page de ma commande d'il y a 5 ans avec l'intégralité des mesures, le poids du tissu, mon prénom en japonais etc !!!
Enorme !
On reprend deux ou trois mesure histoire de vérifier que mon petit corps d'athlète n'a pas change depuis ces 5 dernières années et le tour est joue.
Mon kilt japonais (a manche longue, ce qui permet tout de même de ne pas s'épiler trop régulièrement) sera prêt dans quelques semaines et livré directement a Montréal (le luxe !)

Je quitte le magasin et je mets le cap sur la gare de Tokyo ou je prends le train pour Saku (1h30 de Tokyo, sur la route de Nagano).

to be continued

dimanche 13 juin 2010

Soleil Levant (suite)

Ahhh le bain !!
Qui ne connait pas les bains japonais ???
Il faut absolument que je vous fasse partager cette expérience !!!
Vous rêviez de prendre un bain avec moi ? (ne dites pas non, je le lis dans vos petits yeux lubriques), je vous emmène !

Imaginez un sous-sol d'hôtel dans lequel vous mettez une pièce façon vestiaire de piscine (si ce n'est que, quand vous ressortez de là, ben vous êtes totalement nu !!!)
Vous vous déshabillez donc, et vous rentrez dans la salle de bains (proprement dite... proprement ahah.... oh ca va...).
Et la, attention !!!
Vous pensez que vous allez pouvoir courir, sauter et faire une bombe dans la méga baignoire devant vous ???
Surtout pas, malheureux !!!
Regardez à gauche.
Vous voyez ces petits cubes en plastique bleu ? Et en face de chaque robinet-douches à 50 cm du sol, des miroirs à la même hauteur ?
Non, ce n'est pas le résultat d'un groupuscule de nain-maçons (ordre secret qui a eu moins de succès que les franc-maçons, l'histoire ne dit pas pourquoi... est ce a cause d'ostracisme due a leur problème de verticalité ou bien parce que certains adeptes aigris avait l'habitude de scier eux mêmes les jambes des adeptes pour en faire des nains ? Personne ne sait... Quel destin truelle, ahaha... oui bon j'arrête avec les jeux de mot à la con)
Non, disais-je, vous et votre nudité (devrais-je dire "nous et notre nudite" ? Rrrrrrrrrr), vous devez vous accroupir sur ces cubes pour d'abord vous laver et pour ensuite entrer dans la baignoire...

Je me lance, alors.
Je m’assois sur un cube en face d'un miroir, j'ai l'impression d'être un éléphant chez Pinder, non par pour le cote trompe, restons modeste, mais pour la différence de taille entre le cube en plastique et mes fesses potelées.
Je vous passe la vision de moi quand je me regarde accroupi dans la glace, je mets au defi quiconque de se trouver le moindre charme.

Hum, je continue à expliquer le fonctionnement des bains a la japonaise.
C’est une fois lavé de la pointe des cheveux a l'extrémité de vos orteils que vous pouvez... recommencer.
Ben oui, souvenez vous que vous êtes un étranger au Japon et que par conséquent vous êtes plus "surveille" que n'importe qui, et le regard suspicieux d'un vieux japonais que vous surprenez dans le miroir vous donne raison.... on vous regarde !!

Vous relavez donc soigneusement ce que vous venez de frotter...

Une fois propre comme jamais, vous pouvez enfin entrer dans la méga-baignoire.
Ouch ! Ah oui, la température de la baignoire avoisine à peu près les 49 degrés.
Petit à petit vous rentrez dans le bouillon, curieux de savoir a ce moment là ce que ressent un homard en fin de vie !
Etape délicate, vous vous asseyez dans le fond de la baignoire (c'est à dire que vos... enfin votre.... et vos... enfin c'est la que vous vous ébouillantez les...) et curieusement a ce moment là la seule pensée est "pourvu que je ne fasse pas de mousse de savon" ce qui serait le signe d'un mauvais rinçage et vos copains de baignoires seraient tout bonnement outres et quitteraient le bain sous le choc!

Revenons a votre ébullition, tel le gnocchi de base, quand ca remonte a la surface, c'est que vous êtes cuit et il est temps de ressortir de la baignoire pour s'asperger d'eau fraiche toujours sous le regard suspicieux du vieux japonais...

Original, non ?

Et curieusement ce traitement devient de plus en plus agréables à la longue même si le passage "stratégique" est toujours aussi délicat.
Il est même prouve (au moins expérimenté) que la bière et le saké ingurgites au cours des soirées a Tokyo soient solubles dans la fameuse baignoire !
Si si, testé sur pièce... (Spéciale dédicace à Rafi et Olivier, mes compagnons de beuveries Tokyo...hips... tokyoïtes)






To be continued....

jeudi 10 juin 2010

Soleil Levant (suite)

Décalage...
Un wagon rempli de Japonais et dans le fond une espèce de nuage parfumé.
Ce nuage c'est moi, encore englué dans les relents de parfum bon marché de ma voisine d'avion en plein délire psychotique.
Je m'octrois un peu de repos au fond du Narita Express qui m'amène de l'aéroport à la gare centrale de Tokyo.

Encore aujourd'hui, je n'ai qu’une vision très floue de cette heure et quart de train pendant laquelle j'ai alterné la phase de sommeil et la demi-veille.
Je me souviens surtout d'une affiche de pub pour des pneus avec Di Caprio... oui, oui la muse de Scorcèse... eh bien, le blondinet nous fait son regard énigmatique numéro #32 derrière un pneu !
Ah ce bon vieux Leo en train de faire une pub pour des pneus... ca n'a pas de prix...
Je regrette d'avoir mis mon appareil photo dans la valise et je repense a Lost in translation ou Bill Murray joue précisément un acteur d'Hollywood venu a Tokyo pour faire une pub très bien payée (et un peu humiliante).

Mais la moquerie ne dure qu'un temps.
J'arrive en gare de Tokyo et je plonge (malgré moi) dans le tumulte de la foule.
J'ai l'impression de nager en eau vive... les gens filent autour de moi... certains passent à gauche, à droite, me croisent...
Harnaché a mon sac a dos et cramponne a ma valise a roulette je descends ce torrent humain.
Ah ben non en fait je le remonte ! Une vague de costume trois pièces et de tailleurs à talon déferle tel un ouragan sur la pauvre Jamaïque que je suis !
Par miracle je suis toujours là, mes bagages aussi.
Je suis ballote, j'esquive tant bien que mal les flots de jeunes cadres dynamiques.
En fait, je ne suis pas du tout sur le même rythme, je voudrais flâner tandis que les japonais autour de moi courent après le métro pour rentrer chez eux !

Au loin, dans ce bouillonnement humain, ma ligne de métro !!
Metro dans lequel le touriste que je suis ne manque pas de dépareiller.
Je surprends quelques regard en coin mais encore aujourd'hui je ne sais pas si c'est a cause de mon look de routard, de mon odeur de vieilles greluche ou bien encore de mon numéro burlesque façon cirque du Soleil qui consiste a rattraper la valise a roulette a chaque fois que le wagon sursaute, c'est a dire a peu près toutes les 37 secondes !

Sorti du métro, ce qui devait arriver (beaucoup plus tôt), arrive: me voila incapable de retrouver mon chemin.
En fait soit je suis un vrai aventurier soit je suis un mec super optimiste (c'est une question rhétorique, pas la peine de cherche à y répondre) car en fait, le seul document qui me relie a mon hôtel c'est une plaquette d'accueil exclusivement écrite en japonais ... et mes souvenirs de 5ans auparavant !

Un peu gagné par la fatigue (c'est une des choses que je partage encore avec vous, simples mortels), je décide de couper court a l'épisode "Philippe cherche un indice qui pourrait lui permettre de se repérer dans un pays dont il ne connait pas la langue et dans lequel il a séjourne 10 jours il y a 5 ans !" et je décide de prendre un taxi.

Vous vous souvenez de ce monument du cinéma français avec Samy Nacery???
Et ben, au Japon, c'est presque exactement.... le contraire en fait !
Je m'approche du taxi, le chauffeur descend, un petit bonhomme tout ridé, en uniforme et gant blanc.
Tout d'abord impressionné, j'ai pitié de son dos et je mets moi même la valise dans le coffre et je lui demande s’il parle anglais.
La réponse que je craignais : bien sur que non (a moins d'être bilingue, un japonais ne dira jamais qu'il parle anglais).
Et la je tente ma première tentative de communication en japonais.
Pas super concluant...
Le malaise s'installe.
Je suis rouge de honte a ne pas savoir parler sa langue et lui est rouge de confusion de ne pas comprendre les sons que je produis.
Fort heureusement, je sors la plaquette de l'hôtel qui évidemment lui parle nettement plus qu'a moi.
Nous montons dans son taxi et nous voila partis dans des rues de plus en plus petites...
Quand je dis "petites" je parle de rues dans laquelle nous avons eu du mal à croiser un couple en file indienne avec une poussette !!!
Je commence a chercher comment dire a mon ravisseur qu'il n'est pas nécessaire qu'il m'emmène dans une rue glauque et mal éclairée pour me voler mes quelques yens...
Mais au détour d'une ruelle, la voiture s'arrête juste devant mon hôtel.

J'arrive a la réception, je remplie rapidement le formulaire et je me précipite aux bains !

À suivre…

dimanche 30 mai 2010

Soleil Levant

Il est de retour !!! (Oui, nous aimons parler de nous à la troisième personne)
Aaaaahhhhh, clameur de la foule en délire !!!
Les filles s'évanouissent et les mecs font la gueule parce qu'ils savent que je suis de retour !!
Tadaaaa !!!

10j de Japon !!!
Quel bonheur !!!

Depuis le temps que je voulais y retourner, ca y'est je l'ai fait !!
5 ans...
5 ans que je n'avais pas mis le pied en Japonie !!
Là, pour le coup j'ai même mis les deux !!!
Quel dépaysement ! Un pays dans lequel je suis incapable d'aligner 3 phrases ou de lire un panneau !
L'Allemagne… mais en mieux, en fait !

Allez, j'vous emmène !
Mercredi 28 avril, je débarque à l'aéroport de Montréal, prêt à partir a l'aventure !
A ce moment, personne ne peut m'arrêter, je suis l'aventurier solitaire, le Bob Morane du Mont Royal, l'Indiana Jones de la rue Saint Norbert !
...
Muhmm ? Pardon?
Ma valise est trop lourde ?
Mais euh, enfin, je suis l'aventurier solitaire, le Bob Morane du Mont Machin, l'Indiana Jones de ...
Jamais Indiana Jones ne s'est vu obligé de déballer ses valises a la vue de tout le monde au risque d'exhiber ses bobettes devant tout le monde !
...
Comment?
Je ne suis pas Indiana Jones !?!
Indiana Jones est un héro de cinéma !?!?
Qu’un membre du personnel d’Air Canada ne me reconnaisse pas passe encore mais qu'il doute de mon existence alors que je suis la devant lui, je trouve ca incroyable !
Bon la, forcement, j'ai pas mon chapeau, j'ai pas mes bestioles a la con et j'ai oublié mon fouet dans la villa ou j'ai participe a ma dernière orgie Sado Maso, mais je vous jure que c'est bien moi...
Tiens, je mime le fouet ! Chtaaaaa !!! Non ?

Ah ben voila, le mec en face de moi faisait les même yeux que vous à l’instant...
Il a jamais rien voulu savoir et m'a oblige, sous les regards exaspérés des voyageurs derrière moi de fouiller ma valise pour en extraire les habits les plus lourds: déguisement de moine pervers, chaines a clous, sous vêtements en cuir, non je plaisante... oui, maman, si tu lis ce blog, sache que je plaisante !!! En fait le simple fait de passer les vestes des kimonos dans mon sac à dos suffisait à m'alléger...

Quelques dizaines de minutes plus tard, ca y’est, je décolle pour Tok... ah ben non en fait, pour Toronto. Petit saut de puce d’une poignée de minute et je me retrouve une nouvelle fois à attendre en compagnie des autres voyageurs.
J'aime bien cette sensation d’être dans la file d'attente, prêt à embarquer dans un avion pour une destination lointaine...
Il me semble qu'une complicité de fait s'installe entre les passagers. Plus la destination est exotique plus ce sentiment est présent.
Premier contact avec ceux qui vont traverser le Pacifique et partager ces quelques douze prochaines heures avec moi.
Impossible de m’empêcher de penser que si l'avion s'écrase, voila qui seront mes potes rescapés avec qui je tenterai de survivre façon Robinson Crusoe...
D’ailleurs, à la réflexion, quelques une des jeunes femmes présentes feraient des Vendredi tout à fait agréables... Et d'autres beaucoup moins, mais fort heureusement tout le monde ne pourra pas s'en sortir indemne !
Et l'idée que les moches fassent partie des victimes m'aide à patienter...

Je corrige, il n'y a pas que les moches qui mériteraient de périr dans un crash aérien (fut il fantasmé)... les ontariennes aussi.

Les lecteurs du Québec auront tout de suite compris à quel type de femme je fais référence.
Pour mes amis français, pensez à grosse truie violette et vous aurez une idée de la femme qui était assise à mes cotes pendant les 12h de vol entre Toronto et Tokyo...

Imaginez une femme, 45 balais avec crème de jour (une dizaine de plus, sans… Ah que le temps est cruel !!) qui ne supporte pas la proximité d'autres personnes...
Imaginez maintenant que cette femme a le même odorat que Rintintin et que sa fixation se porte spécifiquement sur les odeurs de ses congénères
Imaginez toujours que vous mettez cette femme dans un espace confine... un avion par exemple... et la vous attendez.
Il ne va pas se passer plus de 60 minutes avant que la gourdasse ne se mette à s’agiter sur son fauteuil pour trouver lequel de ses voisins de devant ou de derrière qui a osé se déchausser !!! (Ce que font 80% des passagers d'un long courrier)

La gourdasse a passe les 12h a s'éventer le pif, a mettre son T-shirt façon Burka (toujours un peu louche dans les avions depuis 2001) et asperger de parfum les sièges de ses voisins ...
Inutile de dire que je n'ai pas vraiment dormi pendant ces 12h là.

Et c'est donc en empestant le parfum de vieille poule que je suis arrive à Narita, l'aéroport de Tokyo. Regard bizarre du douanier. Les rituels d’immigrations terminés (camera thermique pour s’assurer que personne n’a de fièvre, empreintes digitales, photos), je récupère mes bagages et je me précipite dans le Narita Express, ce qu'on peut appeler le RER nippon qui relie l'aéroport a la gare de Tokyo.
Notez, tout de même que le "Express" ne signifie pas forcement "rapide" puisqu'il nous faut tout de même 1h30 pour arriver a destination, mais quel bonheur de pouvoir enfin dormir sans l'espèce de folle a mes cotes…

A suivre…

lundi 19 avril 2010

Pour le pire et pour le meilleur

Est-il possible de vivre dans un pays où il n'y a pas de Martini Bianco ??

Non parce qu’on ne parle pas du divin Loupiac de M'sieur Lacoste là, non, on parle de Martini Bianco, un truc qui se consomme par millions de litres dans le monde et dont la seule moitié est absorbée par un néo nantais, ex toulousain que certains de mes lecteurs connaissent bien.

Impossible d'en trouver la moindre bouteille dans les SAQ de Montréal (les comptoirs en charge de vendre l'alcool au Québec). J'ai du aller le dénicher en Ontario !
Oh, je vous rassure, je ne me suis pas tapé 6h de route pour aller a Toronto et assouvir mon envie de Martini, non, disons que je trainais "par hasard" dans un comptoir à alcool ontarien... (Voilà que je passe maintenant pour un menteur et pour un alcoolique !)

Cela m'amène naturellement à vous parler de la phase 2 de l'immigration : le choc culturel.

Pour les mecs du fond de la classe qui pioncent prés de la fenêtre, je rappelle que le premier step de l’immigration est l'état d'émerveillement continu qui nous anime quand on commence à vivre dans un environnement étranger.
Tout n'est qu’extase et ravissement dans cette période.
La moindre différence apparait alors comme la plus adorable des choses que l'on évoque avec un sourire beat et un œil humide (et surtout pas l'inverse) :
"Oh ! L’automobiliste derrière moi me klaxonne parce que je ne démarre pas à la seconde ou le feu passe au vert, c'est trop génial, c'est comme en France !"
"Oh ! La déneigeuse vient de pousser toute la neige autour de ma voiture, c'est trop génial ! Je vais pouvoir me servir de ma brosse à dent géante"
C'est niaiseux, hein? Ouais, je sais.

A bien y réfléchir, c'est un peu comme tomber amoureux en fait (si je m'en souviens bien, auto blague du vieux, spéciale dédicace à Squirrel Killer et Mascotte Psycho).
Au début tout est super mimi chez l'autre... La moindre différence est super originale, et super attendrissante... On plane à un mètre du sol...
C'est à ce moment là que l'autre a une totale impunité... et peut faire n'importe quelle bourde sans que cela ne soit sujet à représailles si vous voyez ce que je veux dire…

Puis vient la phase 2....
L'épisode du dentifrice non rebouché, en quelque sorte.
L'autre est finalement "autre" et pas forcement celui / celle qu'on aurait voulu qu'il/elle soit (que c'est lourd les « lui/elle ! »).

Et bien j'en suis a ce stade là dans mon immigration.
Je commence à apercevoir le bouchon du dentifrice.

En effet si on trouve quasiment tout ce qu'on veut a Montréal, il est des choses qui manquent cruellement.
Le Martini Bianco en est un exemple, mais il y en a d'autres, comment expliquer le manque de filles folles de moi ??? Si ce n'est par cette maudite différence culturelle ???
Ah ca! On peut bien trouver de la Vache qui rit ici mais personne sur qui l'étaler !!! C’est pas dommage ???
...
Quoi !?
...
Eh !? Que celui qui n'a jamais tartiné sa blonde/son chum de vache qui rit pour la/le dévorer ensuite, me jette la première pierre (j'vous jure, c'est vraiment lourd les "lui / elle")!
...
Alors?

J'attends...
...
Muhm ? Pas le moindre petit gravillon ?

J’en étais sur, je vous connais, espèce de pervers !

Reprenons.
Que disais-je avant d'être interrompu par vos élans lubriques ? (oui je sais, c'est pas juste, mais c'est le privilège de l'auteur!!!).
Ah oui, la différence culturelle, la fameuse phase 2.
Ben je pense que je suis en plein dedans.
Le mec qui me klaxonne derrière moi parce que je ne fais pas de démarrage à la Schumacher (blague du vieux involontaire) commence à me péter les gosses gentiment.
La neige entassée comme une muraille autour de ma caisse et qu'il faut surmonter façon 4x4, commence aussi à me briser métaphoriquement les glandes reproductrices....

Vivement la phase 3, l'ajustement...
C'est normalement a ce moment là que le mec (ca reste une image symbolique, vous emballez pas) se fait avoir et qu'il renonce à se battre sur ces petits agaceries pour peu qu'il ait droit a des rapports sexuels réguliers... (On est peu de choses).

« Cherche jeune québécoise intelligente, rigolote, orpheline et muette pour m'aider à passer à la phase 3... », belle accroche pour un site de rencontre, non ?